Existe-il un processus miracle pour s’épanouir au travail? Voire être heureux ? Pour que tout le monde puisse donner son avis et prendre les décisions en commun? Est-il possible de produire, de collaborer sans manager, sans hiérarchie? Et que cela permet de produire plus ? Car, finalement, il faut satisfaire des actionnaires. Veulent-ils plus ou plus durablement?

Un processus miracle ? 
Pour comprendre le monde, pour synthétiser, pour distinguer les choses, notre cerveau doit catégoriser.  Le revers de la médaille, c’est que nous en arrivons à mettre une étiquette sur tout et à vouloir tout voir sous l’oeil d’une armoire à tiroirs.
Avec la révolution industrielle et ce besoin de rendement et de profit, nous sommes arrivés à pousser la technologie de plus en plus loin et à construire des machines pour aider l’homme au travail.  Au fil des décennies, nous nous sommes rendus compte que nous ne pouvions en faire de même avec les hommes qui travaillaient dans ces entreprises. Car eux, à la différence d’une machine, lorsqu’on les presse continuellement, il ne donne plus de jus … ni de fruits.
Le management des hommes ne peut venir d’un processus à appliquer comme un mode d’emploi, c’est de l’expérimentation qui se base sur de la science humaine.  Comment fonctionne un groupe? Comment se construit le leadership? Comment le pouvoir se distribue et se régule? …  C’est à partir de ces réponses, que l’on peut faire de meilleur choix pour sa propre organisation et tenter l’aventure de la libération du carcan.
Le syndrome du manager
Comme le dit l’orateur, dans l’inconscient collectif, devenir manager, c’est acquérir un pouvoir, avoir une promotion sociale, être plus compétent que les autres. Et c’est trop souvent la seule possibilité pour augmenter son salaire, être reconnu.
Il existe trois formes de pouvoir:
  • Le pouvoir … par un rapport de force. Il y a toujours un perdant et un gagnant. Je te contrains à faire …
  • L’autorité vient par la légitimé d’une compétence, d’une expertise, … Ce sont les autres qui vous la donne.
  • La puissance.  C’est vouloir une relation gagnant-gagnant. Ou comme le dit, Thomas Gordon, sans perdant. J’aide l’autre à se comprendre, à trouver sa solution et je lui indique mes besoins et les limites.
Le dalaï-Lama a beaucoup d’autorité et très peu de pouvoir.  Par sa manière d’être, il agit avec puissance.  Cela demande beaucoup d’humilité, un questionnement sur son comportement et une grande écoute de l’autre et de soi.
Et quoi, le leadership dans tout ça?
Dans les croyances de management, on attribue le leadership comme naturel, inné.  Il y a des leaders et les autres.  Le leadership est un pouvoir que les autres vous donnent. Vous ne pouvez l’imposer aux autres.  Les collaborateurs vont suivre une personne qui va les inspirer, qu’ils vont prendre en exemple.  Le leadership est mouvant.  Une personne ne garde pas le leadership tout le temps. Il passe de personne en personne suivant le sujet, l’expérience, l’expertise.  C’est cela toute la finesse du management des hommes.

«  Nous ne sommes plus dans une hiérarchie de pouvoir mais dans une structure d’influence » comme le dit l’orateur.  Les collaborateurs sont liés par des engagements les uns envers les autres.  C’est en cela qu’il n’y a plus de personnes qui décident et ceux qui appliquent.

Transparence, tout est visible par tous
Une des conditions indispensables au management des hommes est de travailler en toute transparence.  La transparence nous pousse vers l’exemplarité.  Ou comme d’autres consultants le disent « egoless ».  Chacun va se retrouver face à ses responsabilités et devra confronter ses décisions, ses prises de position aux regards des autres, aux opinions des autres.
Cela demande de se mettre à nu: ses émotions, ses besoins, ses responsabilités vis-à-vis de soi-même et des autres.
En conclusion, je reprendrai les paroles de Joël de Rosnay: « Celui qui 2030 dira encore mon entreprise, il ne durera pas longtemps »